CERIUM - Centre d'études et de recherches internationales
  mars 2009
Texte de conférence

Global, local, ou « glocal » ? Défis et dilemmes de la structuration transnationale des réseaux

Actes du colloque de Rambouillet organisé par l’Institut de recherche et débat sur la gouvernance (IRG), pp.65-73.

Ce texte de conférence a été présenté dans le cadre de la Rencontre internationale de Rambouillet (France). Le colloque L’accès des réseaux d’auto-assistance à la scène internationale s’est tenu du 23 au 25 mars 2009 et fut organisé par l’IRG (Institut de recherche et débat sur la gouvernance).

En mars 2009, la Fondation Ford et l’IRG ont invité des membres de onze organisations de « base » et de réseaux d’auto‑assistance à participer à un séminaire commun. Son but était de parvenir à comprendre la manière dont des organisations de ce genre se structurent et s’engagent dans du plaidoyer à l’échelle globale. Le séminaire avait également pour but de renforcer les groupes participants, en favorisant l’échange d’expériences sur leurs pratiques, succès et échecs.

Introduction :
L’action collective transnationale, qui apparaît le plus souvent sous la forme d’événements discrets ou de mobilisations de masse contre des institutions internationales ou des sommets officiels spécifiques, englobe des expressions toujours plus éclectiques. Celles-ci comprennent notamment les mouvements sociaux globaux, les fédérations d’ONG et les réseaux internationaux souples et flexibles 4. Le militantisme transnational peut être décrit comme étant les mouvements sociaux et les autres organisations de la société civile ainsi que les individus qui opèrent par-delà les frontières des États 5.

Les réseaux transnationaux contemporains pourraient résister à la globalisation de la production et de la finance et à leurs déclinaisons, offriraient des solutions et des mécanismes alternatives (le commerce équitable, des codes de conduite pour les entreprises, l’agriculture biologique, la sauvegarde et l’échange des semences, etc.) ou permettraient aux groupes exclus ou marginalisés de se relier pour joindre leurs forces. Ces initiatives transnationales et les multiples modes d’actions sont influencés par l’avènement des technologies de communication et la circulation culturelle d’ampleur globale qui lui est liée.

Les individus impliqués dans des initiatives et des réseaux globaux travaillent rarement uniquement à l’échelle globale. Au contraire, ils tendent à être « ancrés (rooted) à l’échelle locale et à l’échelle nationale » et à s’engager simultanément face aux différentes échelles d’institutions gouvernementales 7. De manière plus significative, les acteurs des réseaux transnationaux sont capables de construire des liens et des formes de coalitions entre des acteurs de types différentes, qui opèrent à des échelles différentes (locale, nationale, régionale, internationale) et font face à des contextes politiques divers, qui offrent chacun une gamme différente d’opportunités politiques.

Dans les pages qui suivent, j’examine la manière dont la construction de réseaux transnationaux constitue une forme de réponse aux processus socio-économiques et politiques généralement associés à la globalisation. Ce faisant, je suggère que les réseaux transnationaux offrent des opportunités de transformation sociale et sont devenus un mode opératoire de plus en plus importants des organisations pour la justice sociale ; en même temps qu’ils créent un ensemble de dilemmes sur lesquels il est nécessaire de se pencher. Construire une compréhension éclairée des implications et des potentiels des réseaux globaux, en relation avec le large ensemble d’efforts et d’initiatives en faveur de la transformation sociale, peut permettre de parvenir à rendre le militantisme local et le militantisme national plus complémentaires, et ainsi influer sur les processus politiques.

Une telle réflexion est opportune, étant donné que les acteurs comme les analystes sont souvent confrontés à des questions concrètes et complexes, qu’il s’agisse de définir des priorités, de savoir à quel type d’activités et à quelle échelle (locale, régionale ou nationale) accorder le plus d’attention, ou encore de savoir comment s’assurer d’une bonne intégration de ces différentes échelles ou de ces différents efforts. Ceci est particulièrement vrai pour les organisations internationales de développement qui se trouvent de plus en plus régulièrement impliquées dans le soutien aux réseaux de ce type, en complément des travaux plus localement ancrés qu’effectuent les organisations communautaires locales et les ONG.

Pour accéder aux actes complets du colloque.

Pour accéder aux actes du colloque en anglais.

Pour visionner la vidéo synthèse de cette rencontre.

  • Dominique CaouetteDominique Caouette

    Dominique Caouette est professeur agrégé au département de science politique de l’Université de Montréal, Coordonnateur du Réseau d’études des dynamiques transnationales et de l’action collective (REDTAC) et membre du Centre d’études de l’Asie de l’Est (CETASE).
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