CERIUM - Centre d'études et de recherches internationales
  3 novembre 2006
Conférence
L’année Pearson

L’héritage de Lester B. Pearson - 50 ans d’opérations de paix

Conférence internationale

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la création des casques bleus, l’année Pearson a été inaugurée à Montréal les 3 et 4 novembre avec la tenue d’une grande conférence internationale sur l’avenir des opérations de paix. Pendant deux jours, politiciens, diplomates, chercheurs, praticiens et journalistes ont dressé le bilan de cinquante ans d’opérations de paix, fait le point sur les missions actuelles et tenté de cerner les grands défis auxquels ces missions seront confrontées dans les prochaines années.

Dans son allocution d’ouverture, Louise Fréchette, vice-secrétaire générale de l’ONU (1998-2006), est revenue sur l’explosion quantitative, l’extension qualitative et l’évolution normative du maintien de la paix depuis la fin de la guerre froide. Face à la régionalisation du maintien de la paix et à la multiplication des opérations ad hoc, elle a rappelé la pertinence croissante de l’ONU en adaptation constante face aux défis et au vu des expériences passées (budget, professionnalisation, réformes institutionnelles, coordination). Ses propos ont été appuyés par l’actuel sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Hédi Annabi. Ugo Salinas (D.O.M.P.- groupe des pratiques optimales en maintien de la paix) est venu, pour sa part, exposer les travaux en cours pour développer une doctrine propre aux opérations de maintien de la paix de l’ONU qui réponde à cette nouvelle donne.

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Les conférenciers


Programme de la conférence

Une large part de la conférence a été consacrée au rôle du Canada dans le maintien de la paix, rôle étroitement lié à l’ONU aux origines avec l’impulsion décisive donnée par Lester B. Pearson au plan diplomatique (Adam Chapnik) et par le général Burns au plan militaire (Jean Martin) dans la création de la première Force d’Urgence des Nations Unies (FUNU I), et associé récemment à la Force de l’OTAN en Afghanistan (FIAS). Marc André Boivin et Alistair D. Edgar ont tenté de renverser, par une analyse historique richement illustrée, le mythe d’un Canada bienveillant, altruiste (le Canada a toujours été un État pragmatique comme les autres) et champion du maintien de la paix traditionnel non robuste (un autre mythe par ailleurs inadapté aux défis actuels du maintien de la paix). Le rôle actuel du Canada en Afghanistan est notamment la conséquence de l’attachement à une Alliance Atlantique renforcée, et de l’extension du rôle de l’OTAN dans la gestion des conflits hors-zone (Ambassadeur Juneau, Patrice Dabos).

La revitalisation de l’OTAN participe d’une multiplication des opérateurs du maintien de la paix : l’Union Européenne qui avance au cas par cas, par « bricolage », vers une Politique Européenne de Sécurité et de Défense (Frédéric Mérand), les organisations régionale et sous-régionales africaines qui se sont fixé l’objectif ambitieux de constituer une Force africaine en attente d’ici 2010 (Catherine Guicherd).

Dans tous les cas, les conférenciers ont rappelé que les opérations de maintien de la paix ne doivent pas être une panacée : la militarisation de la gestion des conflits résultant de la multiplication des opérations de paix robustes, relevant du chapitre VII de la Charte, souvent interprété comme un blanc-seing pour le recours à la force armée (Alexandra Novosseloff), ne doit pas se produire au détriment de la résolution politique des conflits.

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Agenda de la conférence
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Conference agenda (in English)
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